Des contes en partage

Échanges et correspondances entre écoles de France et de Madagascar, autour des contes traditionnels

lundi 27 juillet 2015

Lettre des écoliers de Vatomandry à ceux de Caen

Bonjour à vous les Normands, depuis Ambilakely !

Nous allons d'abord vous parler de notre village.

Ambilakely est un joli quartier situé à l'entrée de la ville de Vatomandry, qui s'étire entre l'océan Indien (grosses vagues et arrivée de cyclones) et le canal des Pangalanes (eau douce et calme, sur laquelle on navigue en pirogue).
Depuis Ambilakely, on n'accède pas directement à l'eau salée car un bras de rivière et une langue de terre nous en séparent. Pour s'approcher de l'océan, on doit rejoindre, à pied ou en vélo-pousse, le centre ville de Vatomandry qui se trouve à deux kilomètres.

 En route vers Vatomandry, en vélo-pousse.

Le canal fait plus de 600 kilomètres. Il est relié au sud, au delà de Mahanoro, à la rivière Mangoro, si large que le bac met une heure à en traverser l'embouchure.
Autrefois les crocodiles étaient nombreux, mais il n'y en a plus beaucoup maintenant, et il n'attaquent pas les gens. Par contre il y a toujours des requins dans l'océan Indien.

 Le requin se rencontre aussi sur les épaules des pêcheurs.

Ambilakely signifie « la petite Ambila » car plus au nord il y a un autre village plus connu qui se nomme Ambila et qui est lui aussi situé entre océan et canal.
Vatomandry signifie « la pierre qui dort », et c'est ce qu'on voit depuis la plage : de gros rochers qui semblent dormir sur un îlot, surplombés par des cocotiers.

 On pêche au filet, depuis la plage ou en pirogue, à la ligne, ou avec des nasses.
 
Il y a des pêcheurs de tous âges, qui pêchent soit dans le canal, soit sur la rivière, soit dans la mer. 

 Sur l'eau douce, on pêche dès qu'on peut se débrouiller seul.

Il y a peu de touristes à Vatomandry, et encore moins à Ambilakely. Les gens des villes (de Toamasina ou d'Antananarivo) viennent seulement s'y baigner pour les grands week-ends. Notre quartier s'étire entre la route nationale et le canal, notre école est située juste à côté de la prison centrale.


Sur l'eau salée, c'est plus difficile. Il faut d'abord aider et apprendre avec les grands.

 On élève des animaux et souvent les enfants en sont les gardiens .

 Les pirogues sont au cœur de notre vie.

Notre école

  
C'est une école publique, à droite de la nationale, et son terrain est commun avec celui du collège.
Comme on n'a pas assez de salles de classe, certaines classes n'ont cours que le matin, d'autres seulement l'après-midi. On mange à la maison, il n'y a pas de cantine, sauf pour les collégiens.
Il y a deux classes de CM1, de 33 élèves chacune mais seuls les élèves qui ont collecté des histoires dans leurs familles ont participé au livre. 

 La journée conte en mai

La journée d'école

 
Pour les CM1, on commence la classe à 7h30 et on termine à 12h30.
En arrivant le lundi, on se met en rang pour le lever du drapeau (on se relaie pour le monter) et on chante l'hymne national. On rentre en classe. On dit bonjour au professeur, on inscrit au tableau la date du jour, en français.
Les matières : Malagasy (malgache), français, mathématiques, sciences, histoire et géographie. Les cours d'histoire et de malagasy sont en malgache, les autres cours sont en malgache à l'oral et en français à l'écrit.

Après l'école, on aide les parents : vaisselle (filles et garçons), corvée de bois, puiser de l'eau dans les puits, pêche au filet, piler le riz, laver le linge, cueillir des fruits, conduire les animaux.

 On prend l'eau à la pompe.

Ambahitrila

Sophie, Johary, Félix et Zoé sont venus en mai dernier pour faire le livre avec nous.
Pour commencer, chacun a raconté les histoires qu'il connaît. Tous les conteurs sont en photo sur le trombinoscope.



On a voté en plusieurs tours, et on a choisi Ambahitrila, une histoire de monstres et d'ogres.
On a bien expliqué cette histoire, et on a découpé le récit en douze images.
On a fait la photo de groupe dans la cour. 


 
Ensuite on a dessiné pendant une semaine les personnages et les décors avec l'aide de Sophie.
On a utilisé des boîtes en carton, des stylos, des crayons de couleur et de la peinture à l'eau.
A la fin de la semaine, on a visité le village pour vous envoyer des images.

On serait heureux de vous connaître et de répondre à vos questions...
Voici quelques images de notre quotidien à Ambilakely et à Vatomandry.